10 avril 2011

Raconte-moi... comment sont nées les ass. mat. ?

Autrefois appelée nourrice, l’assistante maternelle a ensuite été appelée gardienne d’enfants. C'était un emploi exclusivement féminin.

A présent, le métier d'assistant(e) maternel(le) est exercé aussi bien par les femmes que par les hommes (avec un pourcentage de femme beaucoup plus important néanmoins).

L'ass. mat. assure, de nos jours, beaucoup plus que de simples fonctions vitales et de gardiennage.

Les conditions d’obtention de l’agrément sont simplifiées :

- L’agrément est valable pour 5 ans et le nombre d’enfants est limité à 3 (sauf exception)

- L’assistante maternelle peut désormais avoir le soutien d’une assistante sociale et d’une puéricultrice

- Sa rémunération est revalorisée : minimum 2,25  fois le Smic horaire, maximum 5 fois  le SMIC horaire, par enfant et par jour

- La formation devient obligatoire : 120 heures

- L’absentéisme de l’enfant n’est plus pris en compte

- La reconnaissance des frais auxquelles elles doivent faire face en accueillant des enfants à leur domicile (indemnité d’entretien de 2,65 euros minimum par journée d’accueil)

- Obligation d’un contrat de travail écrit

- Obtention d’un bulletin de salaire mensuel à date fixe

- Instauration d’un régime de prévoyance pour prévenir les pertes de salaire en cas de maladie ou d’accidents

- Le caractère normal et obligatoire de la mensualisation est réaffirmé

- Les parents peuvent bénéficier d’une réduction fiscale

- Les parents  perçoivent l’AFEAMA, aide mensuelle réduisant le coût de ce mode de garde (remplacé par le PAJE pour les enfants nés à partir de 2004, et valorisé) 

 

AU MOYEN AGE

La bourgeoisie apparaît et l’allaitement maternel est dévalorisé, la femme bourgeoise se doit d’être plus femme que mère. Ce sont des mères allaitantes issues des milieux populaires qui vont alors avoir ce rôle de "nourrice" pour les enfants de la bourgeoisie.

Il existait 2 types de nourrices :
- Nourrices au loin :
habitant à la campagne, elles accueillaient
les enfants chez elles, et les élèvaient (surtout les enfants de la ville)
- Nourrices sur lieu : (moins de 5%) qui étaient placées au sein des familles qui les employaient. Elles se regroupaient dans des bureaux où les familles venaient « louer » leurs services.

Tétée au Moyen Age

 

Ce sont souvent des femmes de la campagne qui, allaitant leur propre enfant, ont du lait pour des nourrissons venus parfois de très loin (voilà pourquoi nous ne sommes plus des « nourrices », nous n’allaitons pas les enfants accueillis !...)

Le plus souvent, si l'enfant survivait au voyage, il se retrouvait loin de ses parents naturels et en compagnie de plusieurs autres petits enfants car la nourrice avait souvent plusieurs pensionnaires pour augmenter ses revenus.
Surchargée de travail, elle ne pouvait pas surveiller d’assez près les enfants et les accidents étaient nombreux.
Même durant le sommeil des enfants : les bébés dormaient dans des sacs suspendus aux murs et souvent aussi dans le lit de la nourrice qui quelquefois en étouffait un dans son sommeil (le "zéro alcool" durant l'allaitement n'était pas encore de mise !! Ce qui impliquait un sommeil trop "lourd" : la nourrice "écrasait" alors l'enfant sans en avoir conscience !!).

Bureau des nourrices au XVIIIème siècle

Il arrivait que la nourrice se comporte trop durement avec un nourrisson ou au contraire que l’enfant s’y attache comme à sa propre mère.
Par ailleurs, on s’inquiètait du manque de soin et de propreté de certaines nourrices.

La mise en nourrice de jeunes bébés fut au XVIIIème siècle une grande cause de la mortalité infantile.
A cette période, un bébé sur quatre mourait avant son douzième mois et un bébé sur deux seulement arrivait à atteindre l’âge de l’adolescence.
Cela était dû, d’une part, au manque d’hygiène et d’autre part, au manque d’attention dont bénéficiait le nouveau-né.
C’est à cette époque que l’on situe la prise de conscience collective (autorités militaires, politiques et médicales) du problème posé par l’alimentation du nourrisson.

 

A PARTIR DE 1850

Le contrôle médical des enfants issus des milieux populaires s’étend. Des sociétés de protection infantile apparaissent et les enfants accueillis en nourrice sont très suivis.

Une première législation, la loi Roussel, en  1874,  institue un code des droits et des devoirs de la nourrice pour lutter contre la mortalité et les abus liés aux placements nourriciers.

 

PREMIERE MOITIE DU XXème SIECLE

L’accueil en nourrice diminue. Les biberons stérilisables apparaissent et l’allaitement artificiel est fortement encouragé grâce aux découvertes de Louis Pasteur et à la fameuse farine lactée "Nestlé"

Petit à petit, les parents se mettent à garder leurs enfants chez eux. La médecine va encourager les mères à élever elles-mêmes leurs enfants.

La Protection Maternelle et Infantile apparaît en 1945.
Une de ses missions est d’organiser la surveillance des placements nourriciers. La fonction évolue vers une fonction de garde et de soins. L’une des préoccupations de l’époque est la baisse du taux de mortalité.

A PARTIR DE 1950

Les pratiques éducatives s’assouplissent à partir des années 1960. L’influence de la psychologie se fait sentir sur les pratiques éducatives. Il existe des manuels d’apprentissage de la fonction maternelle.
Parallèlement à l’accroissement du travail des femmes, il est de bon ton que celles-ci restent encore auprès de leurs enfants pour les élever. Les modes d’accueil collectifs sont peu nombreux, le travail des nourrices appelées également gardiennes est peu réglementé. Le travail au noir est important.

 

EN  1977

Il faudra attendre la loi de 1977, pour que  les gardiennes accèdent au statut d’assistante maternelle, c'est-à-dire une personne qui a pour « fonction d’assister les parents dans leurs tâches éducatives » auprès de leur enfant. Cette loi instaure aussi un statut professionnel précisant les modalités d’agréments délivrés par la P.M.I.
Cette loi fixe :

      • une base de rémunération (2 SMIC horaire pour une garde de 8 heures par jour)
      • une égalité de droits avec  l’ensemble des salariés en  terme de congés payés
      • des indemnités d’absence (un SMIC horaire par jour)
 

Certaines contraintes sont également imposées aux assistantes maternelles :

      • règles d’agrément (examen médical, aptitude reconnue à la garde des enfants, salubrité du logement)
      • la loi impose aux parents employeurs de déclarer l’assistante maternelle
 

EN 1992

La loi du 12 juillet 1992 vient renforcer celle de1977 en insistant sur le fonction d’accueil.
Elle a aussi pour but de lutter contre le travail au noir.
Elle favorise la reconnaissance du travail de maternage et d’éducation que dispensent les assistantes maternelles à leur domicile.

 

EN  2005

La Convention Collective des Assistantes Maternelles et du particulier employeur est applicable depuis le 1er janvier 2005.
Cette convention apporte un certain nombre de réponses aux assistantes maternelles, du point de vue de leur professionnalisation et de leurs conditions de travail.

Le texte de cette convention leur permet de diminuer nettement la précarité de leur situation.
La loi concernant les assistantes maternelles  a été adopté le 27 juin 2005.  Elle apportera encore des améliorations à  cette profession ( formation….)
Les premiers décrets d’application sont parus en mai 2006 (indemnité d'entretien..)

 

Source http://ram.de.la.charabiole.free.fr/accueil

Posté par assmat29 à 15:02 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :


Commentaires sur Raconte-moi... comment sont nées les ass. mat. ?

    si tu veux un exemple de la manière dont étaient perçues les nourrices du XIX°, il y est fait référence dans Mme Bovary...

    Posté par Mumu, 10 avril 2011 à 16:44 | | Répondre
Nouveau commentaire